Entrevue avec Marine St-Louis

Martine St-LouisÉcouter l'entrevue de Martine St-Louis avec le lecteur ci-dessous :

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Martine St-Louis est directrice de l’école des Trois-Soleils depuis juin 2004. Nous l’accueillons dans le cadre d’une série d’entrevues à l’occasion du 25e anniversaire de l’Association des francophones du Nunavut.

Qu’est-ce qui vous a amenée à Iqaluit et racontez-nous votre parcours ?

Je suis venue en 1990 alors que j’avais décroché un poste de monitrice de français à l’école secondaire, poste que j’ai occupé durant deux ans. J’ai ensuite fait quelques voyages et je suis retournée aux études. Vers la fin de mon programme d’études en enseignement, je suis revenue au Nunavut et j’ai travaillé, à titre d’étudiante, comme agente culturelle à l’AFN. Durant cet été, un poste d’enseignant à la maternelle de l’école francophone s’est ouvert et j’ai postulé. Comme j’ai obtenu l’emploi, je me suis réinstallée au Nunavut où j’habite depuis environ dix ans.

De quelle façon l’éducation en français est-elle devenue un facteur clé dans l’épanouissement du français au Nunavut ?

Les francophones viennent souvent s’installer ici pour la courte durée d’un contrat. Le fait que leurs enfants puissent avoir accès à l’éducation en français leur permet d’envisager de rester plus longtemps, voire de s’installer à Iqaluit pour de bon. Il y aussi les enfants natifs d’Iqaluit qui sont francophones ou dont l’un des parents est francophone qui peuvent désormais préserver leur langue, ce qui ne serait pas évident dans une école anglaise. L’éducation en français contribue à l’enracinement des francophones à Iqaluit.

Pensez-vous qu’il y a encore du chemin à faire quant à l’épanouissement du français au Nunavut, notamment dans le domaine de l’éducation ?

Certainement. Principalement parce que notre système d’éducation ne se termine qu’à la neuvième année. Les familles doivent ensuite faire un choix difficile à savoir s’ils déménagent au Québec pour permettre à leurs enfants de recevoir une éducation complète en français, s’ils envoient leurs enfants au pensionnat comme on le voit parfois ou s’ils inscrivent leurs enfants à l’école anglaise d’Iqaluit.

À l’école des Trois-Soleils, les classes sont de trois niveaux à la fois. Pour parvenir à atteindre le même niveau d’enseignement et la même qualité de service qu’à l’école anglaise, nous avons besoin de plus de ressources humaines et de plus de fonds. C’est un combat quotidien que d’obtenir les subventions ; nous devons constamment justifier notre existence. On nous fait souvent sentir coupables d’obtenir des subventions pour pouvoir offrir des services en français. Devrions-nous nous excuser d’être francophones et d’avoir des droits ? Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, nous sommes loin d’avoir tous ce que nous désirons. Nous n’avons pas assez de fonds pour offrir les mêmes services que dans les écoles anglophones.

Rencontrez-vous d’autres types de difficultés ?

Comme nous sommes en double minorité, nous souhaitons faire la promotion de la culture inuite en même temps que celle de la culture francophone. Il n’est pas évident de trouver le juste milieu entre les deux.

Quels sentiments vous habitent aujourd’hui au moment où l’on célèbre le 25e anniversaire de l’Association des francophones du Nunavut ?

C’est incroyable de voir le chemin qui a été parcouru et je suis fière d’avoir participé au développement de l’AFN.

Avez-vous un vœu à adresser aux lecteurs du Nunavoix à l’occasion du 25e anniversaire de l’AFN ?

Une belle année en francophonie !

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