Aller au contenu

Notes de la présentation des réseaux de la santé en français du Nord

Notes de la présentation des réseaux de la santé en français du Nord

(Yukon, TNO, Nunavut)

Comité permanent des langues officielles

30 janvier 2007- Ottawa

Merci de nous recevoir aujourd’hui et de nous permettre de vous entretenir sur le dossier de la santé en français dans les trois territoires.

Bref profil de nos communautés francophones

Population jeune
Dynamique
Assez éduquée
Isolée géographiquement et socialement
Intéressée par la prise en charge de sa santé
Émergence et succès des programmes communautaires en santé
Pour les TNO : population dispersée et faible en nombre / Nunavut et Yukon sont faibles en nombre mais plus concentrée autour des capitales.

Situation/ Nos défis

En termes d’offre de services / programmes…

  • Peu ou pas de services offerts en santé et en services sociaux
  • Peu ou pas d’accès aux services possibles en raison de plusieurs facteurs donc la barrière linguistique (francophones unilingues qui se privent des services- entente QC-territoires pour les soins assurés sont un frein)
  • Peu ou pas d’offre active et souvent c’est le fruit du hasard
  • Peu ou pas de postes désignés bilingues
  • Pénurie des professionnels.les de la santé bilingues
  • Migration : roulement 50% de la population/ 5 ans (Yukon). La durée moyenne de séjour des francophones aux TNO et Nunavut : 3 ans.
  • Ententes pour les soins assurés entre le Québec et les Territoires qui briment les francophones (et anglophones) du Québec nouvellement arrivés de soins de santé;
  • Médecins à temps partiel, Médecins sans accès à l’hôpital
  • Roulement de personnel, personnel dont la langue première n’est ni le français ni l’anglais
  • Difficulté de recruter et de maintenir les effectifs médicaux et autres professions, particulièrement au Nunavut qui est largement défavorisé et qui rencontre des défis de taille en santé (Nunavut).

Bref, nos territoires sont mal desservis en santé et doivent composer avec une histoire récente remplie de zones grises au point de vue légal (TNO) et de responsabilités de répondre aux besoins de répondre aux besoins d’une population francophone en pleine croissance.

Réponse de nos populations francophones

  1. Pour deux territoires, on constate que 70-80% des populations francophones du Nord veulent des services en français (70% Yukon/ 80% TNO)
  2. On choisit des services en fonction de la langue (ex : chiro ou naturopathe plutôt qu’un médecin) donc la langue et la culture sont des déterminants de la santé;
  3. Le dynamisme du milieu communautaire permet d’offrir certains services à la population via ses réseaux et certains programmes subventionnés (par projet/ pérennité).
  4. La population évolue dans la pluralité culturelle et cherche à développer des ponts avec les autres communautés afin d’améliorer l’accès aux services pour l’ensemble de la population
  5. Importance des programmes sur les modes de vie sains car ils touchent toute la population et bénéficie à toute la population
  6. La création des réseaux par les organismes communautaires

La création des réseaux pour la santé en français

Depuis la création des réseaux, il y a plus d’offres de services et de référence pour les communautés francophones du Nord. Ceci a été rendu possible par la disponibilité des budgets et d’enveloppes particulières pour des services en français (financement par projets). Aujourd’hui la question de la pérennité se pose pour assurer la continuité d’action des réseaux. L’absence d’un financement stable, récurrent et adéquat pourrait affecter la crédibilité des réseaux auprès des partenaires, en plus de mettre en doute l’engagement antérieur du fédéral envers la santé des francophones en milieux minoritaires.

Ce que les réseaux permettent…

  1. Identification des besoins en santé et services sociaux des francophones (santé mentale, toxicomanies, services à la famille, urgence, etc)
  2. Sensibilisation à l’importance de demander des services en français
  3. Partenariat pan territorial (ex : lutte anti-tabac) pour les populations francophones
  4. Planifications pour l’organisation des services et des soins de santé (PLT) + plan quinquennal en santé déposé en 2003 au Yukon pour des services en français (en attente).
  5. Identification des modèles pour répondre aux besoins (accueil/ référence, centres communautaires, centre multidisciplinaire, approche communautaire, télémédecine, etc qui offrent une meilleure utilisation des ressources existantes et potentielles pour répondre adéquatement aux besoins des francophones et qui créent des terrains d’entente qui favorisent l’ensemble de la population- ressources bilingues;
  6. S’inscrire dans le courant des initiatives en soins de santé primaires (au pays)
  7. Développement d’outils et de projets de promotion de la santé et de prévention de la maladie pour favoriser l’accès à de l’info en français en santé (ex : centre de ressources)
  8. Participe au recrutement et à des efforts de rétention de professionnels.les de la santé bilingues (ex : grâce au perfectionnement professionnel par exemple et outils bilingues)
  9. Participe à l’identification des professionnels.les de la santé bilingues.

Tout ça possible grâce à des fonds humbles (compte tenu les défis et les coûts d’opérationnalisation de réseaux dans le Nord, en perpétuel changement) et l’insécurité (pérennité non assurée). Ces fonds contribuent aussi à augmenter les compétences locales et permet de changer des comportements de la population (ex : plus de personnes âgées restent au territoire vus le degré d’organisation du milieu de la santé- réseau) et témoignent de la maturité de nos communautés.

Conclusion

Nous avons de grands espoirs que les autorités territoriales et fédérales puissent poser les gestes nécessaires pour soutenir l’élan initié par les réseaux dans le domaine de la santé et des services sociaux. Nous croyons que les francophones ont droit à des services de santé et des services sociaux adaptés à leur langue et leur culture dans les territoires. On sait d’ores et déjà que d’offrir des services adaptés permettent :

  • Baisse des coûts de services
  • Baisse des erreurs possibles
  • Baisse de l’utilisation des soins spécialisés
  • Hausse de la prise en charge et des préventions (plutôt que du curatif)
  • Hausse de la satisfaction des clients.es

Autant de bonnes raisons de poursuivre vers cette option et de mettre de l’avant les modèles de prestations développés par les territoires. Autant de preuves de la volonté des communautés de faire la différence et viser l’amélioration des l’état de santé. Voici les défis qui nous et vous réserve le Nord. Un travail d’équipe qui demandera plus d’une présence, une participation de tous nos partenaires (5 secteurs). Ensemble, nous pourront franchir les obstacles et offrir des services de santé et des services sociaux de qualité dans les territoires du Nord. Il s’agit d’un dossier sensible pour nos territoires en croissance, dans un écosystème et un environnement social fragilisés. Comme vous pouvez le constater, la santé dans les territoires est un sujet brûlant qui ne convient pas d’être mis sur la glace…

Les représentants.es de réseaux se feront un plaisir de répondre à vos questions.

Merci de votre attention.

Le SAFRAN est soutenu notamment par la Société santé en français qui reçoit son financement de Santé Canada.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

Administration